Architecture parisienne

L’histoire de Paris est une succession de styles, se regroupant parfois par quartiers.

Le style haussmannien et post-haussmannien ont façonné l’identité de Paris : on estime que 60% des immeubles ont été construits entre 1850 et la Première Guerre Mondiale.

Les hauteurs des immeubles parisiens sont inégales. La raison tient à cette juxtaposition de styles : tandis que les immeubles de certains quartiers, comme le quartier de l’Opéra, sont parfaitement alignés, d’autres, comme le 19ème arrondissement, peuvent voir se succéder des immeubles de rapport et des maisons individuelles.

Le style Restauration

Immeubles populaires, dont la façade est dépourvue de toute décoration. Les fenêtres, souvent sans encadrement (sans « chambranle »), sont nombreuses et disposées de manière régulière. On note cependant l’usage du fer forgé et, parfois, d’encadrements discrets en pierre de taille, à mesure que le style Louis-Philippe apparaît. C’est à cet époque que les quartiers de Saint-Georges ou de Saint-Vincent-de-Paul voient le jour.

Le style haussmannien

Le mouvement hygiéniste incite Napoléon III à assainir Paris en créant de larges artères pour laisser venir la lumière et reconstruire ainsi un Paris neuf. On lui doit le Boulevard Saint-Germain, le Boulevard de Sébastopol ou encore l’Ile de la Cité telle que nous la connaissons.

Le style haussmannien, c’est un devoir de proportion : la hauteur de l’immeuble est proportionnelle à la largeur de la rue, entre 12 et 20 mètres, sans jamais dépasser 6 étages, les immeubles sont alignés, les façades recouvertes de pierres de taille (typiquement de l’Oise, proche de Paris), balcon filant au cinquième étage, toits en zinc.

Le rez-de-chaussée et le premier étage (entresol) sont typiquement dévolus aux commerces. Le deuxième étage est l’étage dit « noble« , car étant le plus bas, permettant de ne pas s’épuiser en montant les escaliers. Le troisième et le quatrième possèdent souvent des balcons individuels, et le cinquième un balcon filant. Le dernier étage est l’étage des domestiques où se situent les chambres de bonne.

Les styles post-haussmanniens et l’Art-Nouveau

A partir des années 1880, la règlementation en matière d’urbanisme est allégée. La créativité des architectes peut à nouveau s’exprimer plus librement : ce sont les débuts de l’Art-Nouveau.

Style coloré, fleuri, en forme d’arabesques, appelé pour cette raison « style nouille« , on le retrouve à Paris le plus souvent à travers les bouches de métro de Hector Guimard. Le Castel Béranger tranche à cet égard par son éclectisme : façade asymétrique, matériaux différents, couleur de la façade hétérogène.

Le style Art-Déco

Retour à une relative sobriété après l’Art-Nouveau, l’Art-Déco retrouve des façades rectilignes et unies, dans l’esprit du classicisme du XVIIIème siècle. La façade est lisse, quel que soit le matériau utilisé : béton, pierre de parement, brique.

Le style est pourtant loin du minimalisme contemporain puisque cette simplicité est contrebalancée par des éléments décoratifs : gardes-fous en fer forgé, portes vitrées, fenêtres en encorbellement (« oriels« ).

Les Habitations Bon Marché (HBM)

Logements sociaux de l’entre-deux-guerres, surtout visibles sur le Boulevard des Maréchaux, à proximité des anciennes friches industrielles pour loger les ouvriers. Ils sont reconnaissables par leur façade en brique rouge ou beige et à leurs encorbellements.

Sous l’impulsion du catholicisme social, des cités ouvrières sont également construites sur le modèle du pavillon avec jardin. La Campagne à Paris, à proximité de la Porte de Bagnolet, a été bâtie dans cet esprit.

Essais de synthèse des années 1970-1980

Ricardo Bofill est un des architectes emblématiques de cette période. On assiste à une synthèse entre différents styles canoniques : néoclassicisme (Panthéon de Soufflot), haussmannien, Art-Déco également, à quoi on ajoute quelques touches de modernité : utilisation massive du verre, forme circulaire, pilastres en béton-verre, etc.

C’est à lui que l’on doit la Place de Catalogne à côté de la Gare de Montparnasse, les Echelles du Baroque, ou encore les célèbres Espaces d’Abraxas de Noisy-le-Grand, où ont notamment été tournées certaines scènes de Hunger Games 2.